Le probatoire AMM, épreuve par épreuve
Ce qu'il faut avoir compris avant de déposer un dossier : les six pièces exigées, les règles précises qui régissent la liste de randonnées, le format des deux épreuves et les durées de validité. Tout ce qui suit vient de l'annexe I de l'arrêté du 19 décembre 2023 et des pages de l'ENSM, citées en bas de page.
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À quoi sert le probatoire
Le probatoire n'est pas le diplôme. C'est le test d'accès qui ouvre la formation au diplôme d'État d'alpinisme, mention accompagnateur en moyenne montagne. Tant qu'il n'est pas validé, aucune inscription en formation n'est possible.
Il se joue en deux épreuves successives et toutes deux éliminatoires. D'abord un questionnaire à choix multiples sur l'environnement montagnard naturel et humain et l'expérience de la vie en montagne. Ensuite, pour les seuls candidats qui ont validé le premier, une épreuve de marche et d'orientation en terrain technique de moyenne montagne.
L'ordre compte : la marche-orientation ne se passe pas sans avoir réussi le QCM, et le QCM se prépare seul, à la maison, plusieurs mois à l'avance. C'est le premier verrou du parcours, et le seul qui se travaille entièrement sur le papier.
Le dossier d'inscription, pièce par pièce
L'annexe I de l'arrêté du 19 décembre 2023 liste six pièces, et aucune n'est facultative :
- une demande d'inscription complétée et signée ;
- une photocopie recto verso de la carte nationale d'identité ou du passeport ;
- pour les candidats mineurs, l'autorisation parentale ou celle du tuteur légal ;
- un certificat médical de non-contre-indication à l'exercice de la profession d'accompagnateur en moyenne montagne, daté de moins d'un an à la date du probatoire ;
- la photocopie de l'unité d'enseignement premiers secours citoyen (PSC) ou son équivalent ;
- une liste de randonnées réalisées par le candidat, saisie sur le site dédié de l'ENSM.
Le certificat médical se périme : il doit avoir moins d'un an à la date du probatoire, et non à la date du dépôt. Un dossier déposé plusieurs mois à l'avance avec un certificat déjà ancien se retrouve hors délai le jour de l'épreuve.
Un candidat qui détient déjà une attestation de réussite au QCM en cours de validité ne dépose que cette attestation, et n'est convoqué que pour l'épreuve qui lui reste. La même règle vaut pour une attestation de réussite à la marche-orientation obtenue sous l'arrêté du 3 juin 2019.
La liste de randonnées, là où les dossiers tombent
C'est la pièce la plus longue à constituer et la seule qui puisse faire refuser l'accès aux épreuves après une vérification technique. Elle est d'abord contrôlée administrativement, puis examinée par une commission du jury au moyen d'une grille de recevabilité.
Chaque journée décrite doit comporter :
- une date, un lieu de départ, un lieu d'arrivée, une durée de réalisation ;
- le dénivelé positif cumulé et le dénivelé négatif cumulé ;
- une indication météorologique ;
- une indication sur l'état du terrain (sec, humide, enneigé, glacé) et le cadre de réalisation (seul, en groupe, en famille).
La trace numérique de l'itinéraire se téléverse sur le site dédié au dépôt des listes. Plusieurs exclusions sont explicites, et ce sont elles qui surprennent le plus :
- les randonnées doivent se situer dans le périmètre des massifs de montagne défini par le décret du 16 janvier 2004 ;
- l'itinéraire et les conditions ne doivent pas exiger de matériel d'alpinisme de type équipement de protection individuelle ;
- la participation passive à une randonnée encadrée ne compte pas ;
- le départ ou l'arrivée doivent être situés sur le territoire français, y compris pour une itinérance ;
- seule la progression à pied, avec ou sans raquettes à neige, est comptabilisée : ni ski, ni luge, ni remontée mécanique, ni snowboard, ni vélo, ni compétition ;
- les randonnées réalisées principalement sur des voies carrossables ou ouvertes à la circulation ne sont pas validées.
La commission vérifie ensuite la cohérence entre le dénivelé annoncé et l'itinéraire, le caractère montagnard de chaque sortie, le respect des terrains d'exercice de la profession, et la correspondance entre l'option choisie et les randonnées présentées. Si la liste ne passe pas cette grille, l'accès aux épreuves est refusé.
Épreuve 1 : le QCM
Le programme et les trois thématiques sont définis chaque année par l'ENSM, site du Centre national de ski nordique et de moyenne montagne, après avis de la section permanente alpinisme du Conseil supérieur des sports de montagne. Une commission d'experts élabore les questionnaires pour l'ensemble des sessions et en harmonise le niveau.
| Thématiques | Trois, dont la troisième dépend de l'option 3A ou 3B |
|---|---|
| Questions | Douze par thématique, soit 36 au total |
| Durée | 30 minutes pour l'ensemble |
| Propositions | Quatre par question ; il faut cocher la ou les réponses justes, et seulement celles-là |
| Seuil | Au moins huit réponses validées dans chacun des trois chapitres |
Le seuil se joue chapitre par chapitre. Trente bonnes réponses sur trente-six ne suffisent pas si l'un des trois thèmes reste à sept. C'est la raison pour laquelle réviser uniquement ce que l'on aime échoue : c'est le thème le plus faible qui décide, pas la moyenne.
Le détail des sous-thèmes officiels, thème par thème et option par option, est repris sur la page programme du QCM du probatoire AMM.
Épreuve 2 : marche et orientation
La seconde épreuve consiste en un déplacement de 28 à 35 kilomètres-effort à réaliser en autonomie et en situation de navigation, sur une carte IGN au 1/25 000, avec 15 à 20 balises à valider dans un ordre imposé et un dénivelé positif cumulé compris entre 1 400 et 1 800 mètres. Le parcours se découpe en sections à franchir dans des limites de temps annoncées avant le départ.
Elle mérite sa propre page, parce que le barème repose sur une unité peu connue, le kilomètre-effort : l'épreuve de marche et orientation, sections et barèmes.
Combien de temps une réussite se conserve
Deux durées coexistent, et les confondre coûte cher :
- l'attestation de réussite au probatoire complet, les deux épreuves validées, vaut trois ans à compter du 31 décembre de l'année d'admission ;
- l'attestation de réussite à la seule première épreuve, le QCM, vaut deux ans.
Autrement dit, réussir le QCM une année donne deux ans pour aller chercher la marche-orientation. Passé ce délai, le QCM est à repasser.
Deux sessions par an
L'ENSM organise une session de printemps et une session d'automne, et un candidat ne peut se présenter que deux fois par an au probatoire. Les dates, les lieux et l'ouverture des inscriptions passent par le Portail montagne. Le dossier se dépose plusieurs semaines avant l'épreuve, ce qui suppose d'avoir constitué la liste de randonnées et obtenu le PSC bien en amont.
Sources officielles de cette page
- Légifrance, arrêté du 19 décembre 2023, annexe I (le probatoire)
- ENSM, test d'accès probatoire accompagnateur en moyenne montagne
- Portail montagne, inscriptions et calendrier
AMM Probatoire est une application indépendante. Elle n'est ni éditée, ni affiliée, ni approuvée par l'École nationale des sports de montagne ou par un service de l'État. Les informations ci-dessus sont reprises des textes et des pages officiels cités, à vérifier auprès d'eux avant toute démarche.
Passez du programme à l'entraînement
Le QCM est la seule épreuve du probatoire qui se travaille entièrement à la maison. Dix questions corrigées et sourcées sont en accès libre sur ce site, sans inscription.
Page mise à jour le 2 septembre 2026.